C’est l’histoire d’une grenouille à la grande bouche. Vous connaissez certainement la grenouille. Mais peut-être pas cette histoire.
La grenouille à la grande bouche vivait donc au bord de la mare. Dans une jolie maison. Ô oui, qu’elle était belle ! C’était un cottage très coloré et tout vernis de bienveillance. Il brillait de mille feux.
Ce jour-là, la grenouille alla voir tous ses amis et voisins pour les inviter à son anniversaire. À chacun elle dit « Viens samedi midi à mon anniversaire. Je t’invite à partager un bon moment. Si tu veux, apporte quelque chose à manger. Moi j’ai de la bienveillance à revendre. Ça passe bien en bouche. Tu verras, c’est vraiment gouleyant. »
Chacun s’appréciait au bord de la mare. La vie y était douce. Et même si la grenouille n’était pas toujours facile, tout le monde était ravi de cette invitation à festoyer ensemble.
Le vendredi, la grenouille à la grande bouche passa sa journée en cuisine. En chantant bien sûr, elle s’affaira du matin au soir. Elle cuisina des salades à la bienveillance, des quiches à la bienveillance, des dips de bienveillance. Bien sûr, elle prépara aussi quelques desserts : compote de bienveillance, cup cakes à la bienveillance et salade de fruits à la bienveillance.
Le samedi matin, elle se réveilla aux aurores pour finir de tout préparer. Il fallait que cela soit parfait. Elle pestait et râlait tout fort. Parce que ce n’était pas assez bien à son goût. Elle voulait épater ses invités.
En fin de matinée, les invités commencèrent à se présenter au compte gouttes. Qui avec une salade de nénuphars, qui avec une tarte à la rhubarbe. Les plats se multipliaient sur les tables, et les invités dans le jardin et la maisonnée.
Notre grenouille ne se sentait plus de joie. Tout le monde discutait, rigolait et se réjouissait de cette belle fête.
Néanmoins les invités, tous gourmands, se rendirent vite compte que les plats de la grenouille étaient fades, voire amers. Ils manquaient de bienveillance. Et on entendait la grenouille ronchonner de plus en plus, mais aussi être désagréable avec ses invités. En effet, notre grenouille ne loupait pas une occasion de récriminer les uns, ou critiquer les autres. Ouvertement ou par derrière.
Petit à petit, les invités se lassèrent de ses chantages, et ses remarques acerbes, voire méchantes. Ils rentrèrent donc chez eux. Certains sans rien dire – la majorité – et quelques uns en remettant la grenouille à sa place.
Elle se retrouva seule.
Le vernis du cottage était écaillé de toutes parts.
Les assiettes à moitié vidées.
On l’entendit encore longtemps râler sur le comportement de ses invités.
Il paraît même que si l’on tend bien l’oreille, on l’entend encore.
Moralité : Laissons les autres découvrir la bienveillance dont nous faisons preuve par nos actes et notre attitude.

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