Toi, moi et l’immédiat

(ou le temps du rapport à l’autre)

Ce temps s’est lui aussi grandement accéléré avec les nouvelles technologies, et leurs utilisations. Téléphones portables, messagerie et réseaux sociaux font que l’on peut se raconter à la seconde près, dire où l’on est en direct.

Ne perd-on pas, ainsi, l’absence de l’autre ?

Ça nous donne une impression de savoir, de contrôle, et de partage. Mais finalement, on reste seul.es face à nos peurs et nos solitudes.

Pour redonner de la profondeur à nos échanges, à notre présence à l’autre, nous avons de toutes façons besoin de redonner du temps, de l’espace, de la disponibilité et de l’attention. De la conscience.

A coup de messages et de stories, on croit se raconter. Mais c’est de la poudre aux yeux : « Regarde toutes ces images, tu ne sauras pas comment je vais. » On peut faire les plus belles photos du monde et être au fond du sceau.

Le luxe de la rareté et du temps long se sont étiolés.

La fugacité et la futilité de toutes ces images nous éloignent de notre présence.

Le nombre de messages de peu de mots nous illusionnent du lien.

On voile le manque, comme un rideau de théâtre qui cache le bazar de l’arrière-cour. On multiplie les messages pour combler le vide. Mais ainsi on vide les retrouvailles d’un manque éprouvé et plein de sens.

Bien sûr, tout n’est pas à jeter !

Sachons apprécier les messages qui disent « je pense à toi », les blagues, les découvertes musicales ou littéraires, et les exploits des enfants, comme ceux qui traitent de la logistique du quotidien.

Mais de temps en temps, je nous souhaite de ralentir et remettre nos partages et notre présence en perspective.

Bien à vous,

Agathe Sowmya


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